Les Business Angels



Le créateur d'entreprise innovante et/ou à fort potentiel de développement rencontre souvent des difficultés pour financer l'amorçage de son projet et constituer des fonds propres suffisamment solides pour répondre à ses besoins.
Il peut être amené à faire appel à des Business angels à la fois pour renforcer ses capitaux et pour bénéficier des compétences et du réseau de ses investisseurs.

 

 

La gouvernance : levier de croissance des start up

Nous vous invitons à lire le rapport publié par l'IFA et corédigé par de nombreux experts.

rapport IFA sur la gouvernance des start up

Les conseils d'un expert : comment bien choisir ses investisseurs.



Fabien Prévost, auteur du livre "Entrepreneurs, quel Private Equity pour vous accompagner ?" (Revue Banque Edition), est Président du directoire de Crédit Agricole Private Equity. 


Prendre le temps de la sélection

Choisir son investisseur est déterminant. Pourtant trop d'entrepreneurs, obsédés par la ressource financière, sont en position de demandeur et, dans l'urgence de la levée de fonds, optent pour les "mauvais" candidats.
Pour éviter de se tromper dans ses choix, l'entrepreneur doit au préalable clairement caractériser la nature de son projet et réaliser un travail d'analyse des fonds comme un investisseur institutionnel. Est-il :
- en mode start-up : un projet enthousiasmant mais pas d'histoire, pas de profit, beaucoup d'incertitudes,
- ou en mode développement : positions déjà connues, démonstrations faites de la rentabilité et des produits.
En fonction de son stade de maturité, de ses exigences et de son secteur d'activité, il pourra établir son "cahier des charges" en définissant les critères qui lui semblent essentiels.
En faisant coïncider ses attentes avec ce que le marché des investisseurs propose, un premier tri va naturellement se dégager. D'autres critères auront également leur importance : un actionnaire financier qui a déjà investi dans le même secteur d'activité pourra apporter sa connaissance du marché à l'entrepreneur et sera un allié de choix.
Autre point essentiel, la capacité financière de l'investisseur. Par exemple un fonds en fin de vie ne pourra pas réinvestir ultérieurement dans l'entreprise. Il faudra donc s'assurer que l'équipe de gestion possède les moyens de lever un nouveau fonds dans des proportions au moins identiques au précédent.

 

La chronique d'un mariage et d'un divorce annoncé

Dans ses discussions avec l'investisseur et afin de garantir une relation pérenne, l'entrepreneur devra absolument éviter tout tabou ou zones de flou sur des sujets centraux : prochains tours d'investissement, rôle joué par le ou les investisseurs, mode de gouvernance, niveau de reporting, modalités de sortie, etc.
C'est dès le départ qu'il faut prévoir l'ensemble de ces éléments dans le pacte d'actionnaires et clarifier les futurs modes de fonctionnement. Il n'existe pas de sujets annexes, tout doit être discuté et négocié en amont.
Croire qu'une levée de fonds s'opère par étapes est faux. C'est un processus continu. Aussi, il est essentiel d'établir une stratégie de conquête des nouveaux investisseurs et de se muer en commercial tant auprès des clients que des actionnaires actuels et futurs. Dans cette idée, le refus d'un investisseur sur un tour de table ne signifie pas pour autant une rupture des relations. L'entrepreneur doit continuer à entretenir des relations régulières avec les fonds qu'il a contactés sur une première levée de fonds. Rien ne s'oppose à ce que cet investisseur soit présent sur un tour suivant. Un projet déjà analysé et dont on est tenu informé de l'évolution représente un gain de temps pour l'investisseur.

 

Savoir dissocier argent et pouvoir

Trop d'entrepreneurs sont effrayés à l'idée de se retrouver dilués dans le capital et tentent ainsi une négociation sans fin afin de conserver la majorité des parts.
Quand on évoque la dilution, on pense généralement à une perte de contrôle et de gouvernance. Or il existe des montages financiers et juridiques permettant de conserver un certain contrôle sur l'entreprise. Rien ne sert de s'arcbouter à rester majoritaire : il y aura forcément un contrôle commun de la société.
Un entrepreneur qui souhaite à tout prix conserver la majorité obtiendra (ou non) des investisseurs cohérents avec cette politique, à savoir des actionnaires peu impliqués. Ouvrir son capital, c'est également accepter d'introduire de nouveaux actionnaires qui seront partie prenante dans les décisions stratégiques de l'entreprise et qui auront leur mot à dire en cas d'absence de création de valeur.
Pour que les entrepreneurs appréhendent aux mieux les mécaniques financières et juridiques, il peut être utile de se faire conseiller.

 Source : site APCE.